Une maladie virale à fort pouvoir de diffusion

La PPR est provoquée par un virus appartenant à la même famille que celui de la peste bovine aujourd’hui éradiquée.

Elle affecte principalement les ovins et les caprins, mais peut également infecter certaines espèces sauvages ainsi que les bovins, qui jouent alors un rôle épidémiologique limité.

 

Quels sont les signes cliniques ?

L’expression clinique varie selon les animaux et les souches virales.

Forme suraiguë

Cette forme se caractérise par :

  • une forte fièvre,
  • une diarrhée sévère pouvant devenir hémorragique,
  • des avortements fréquents,
  • un état septicémique marqué.

L’évolution est extrêmement rapide et peut entraîner la mort en quelques heures à quelques jours.

Forme aiguë

La forme aiguë est la plus fréquemment observée.

Les animaux présentent :

  • un jetage muco-purulent abondant,
  • une obstruction des naseaux,
  • une inflammation des gencives,
  • des lésions érosives puis ulcératives de la bouche,
  • un enduit blanchâtre et nauséabond sur la langue,
  • une toux évoluant progressivement vers des troubles respiratoires sévères,
  • une diarrhée parfois hémorragique,
  • des avortements.

L’évolution conduit soit à la mort en une dizaine de jours, soit à une guérison accompagnée d’une immunité durable.

Forme frustre ou inapparente

Les signes cliniques sont discrets, voire absents, ce qui rend la détection plus difficile et favorise une diffusion silencieuse de la maladie.

 

Comment la maladie se transmet-elle ?

La contamination intervient principalement lors de contacts directs entre animaux par inhalation des gouttelettes émises lors de la toux ou des éternuements.

Contrairement au virus de la clavelée, le virus de la PPR survit peu de temps dans l’environnement, limitant ainsi les contaminations indirectes.

 

DES MALADIES SOUMISES À UNE RÉGLEMENTATION STRICTE

La clavelée et la peste des petits ruminants sont classées parmi les maladies animales de catégorie A au niveau européen.

À ce titre, toute suspicion entraîne la mise sous surveillance officielle de l’exploitation.

Lorsqu’un foyer est confirmé :

  • l’abattage de l’ensemble des animaux sensibles du foyer est mis en œuvre ;
  • des opérations de nettoyage et de désinfection sont réalisées ;
  • une zone réglementée est instaurée autour du foyer ;
  • les mouvements d’animaux sont strictement encadrés voire interdits.

Ces mesures visent à éradiquer rapidement la maladie et à préserver le statut sanitaire national.

 

UNE SITUATION SANITAIRE À SURVEILLER EN EUROPE

Depuis 2025, plusieurs pays des Balkans et d’Europe du Sud-Est font face à une recrudescence de foyers de clavelée et de peste des petits ruminants.

Cette circulation virale active rappelle que le risque d’introduction demeure réel, notamment via les mouvements d’animaux, les échanges commerciaux ou certaines pratiques non conformes aux règles sanitaires.

La surveillance épidémiologique européenne reste donc essentielle pour anticiper tout risque d’introduction sur le territoire français.

 

LA PRÉVENTION : NOTRE MEILLEURE PROTECTION

Face à ces maladies exotiques, la biosécurité demeure l’outil de prévention le plus efficace.

Quelques règles essentielles :

✓ Limiter les introductions d’animaux et exiger des garanties sanitaires.

✓ Isoler systématiquement les nouveaux arrivants.

✓ Nettoyer et désinfecter le matériel partagé.

✓ Éviter les contacts entre troupeaux.

✓ Utiliser des vêtements et des bottes dédiés à l’élevage.

✓ Surveiller quotidiennement l’état sanitaire des animaux.

La vigilance doit être renforcée lors :

  • des rassemblements d’animaux ;
  • des transports ;
  • des achats provenant de zones à risque.