CLAVELÉE ET PESTE DES PETITS RUMINANTS
( mise à jour: juin 2026)
DEUX MALADIES EXOTIQUES SOUS HAUTE SURVEILLANCE
La clavelée (ou variole ovine et caprine) et la peste des petits ruminants (PPR) sont deux maladies virales hautement contagieuses affectant principalement les ovins et les caprins.
Absentes du territoire français, elles circulent néanmoins dans plusieurs pays européens et représentent une menace sanitaire majeure pour les élevages. Leur introduction en France aurait des conséquences importantes tant sur le plan sanitaire qu’économique, avec la mise en place immédiate de mesures réglementaires strictes.
Même si ces maladies ne sont pas transmissibles à l’Homme, leur potentiel de diffusion et leur impact sur les troupeaux justifient une vigilance permanente de l’ensemble des acteurs de la filière.
LA CLAVELÉE
Une maladie redoutable des ovins et caprins
La clavelée EST une maladie virale provoquée par un poxvirus. Elle présente plusieurs similitudes avec la dermatose nodulaire contagieuse des bovins, notamment en matière de transmission, d’impact économique et de gestion sanitaire.
Pourquoi est-elle préoccupante ?
La maladie peut toucher la totalité d’un troupeau. Dans les zones où elle est installée de façon permanente, la mortalité varie généralement entre 5 et 10 %. En revanche, dans des populations naïves comme celles présentes en France, les pertes peuvent être beaucoup plus importantes, notamment chez les jeunes animaux.
Les animaux qui survivent conservent souvent des séquelles importantes entraînant une baisse durable des performances de production et de croissance.
Quels sont les signes cliniques ?
Les premiers symptômes sont généralement:
• fièvre élevée,
• abattement marqué,
• écoulements nasaux et oculaires,
• conjonctivite,
• photophobie.
Après quelques jours apparaît la phase éruptive caractéristique avec :
• des papules puis des vésicules cutanées,
• des lésions principalement localisées sur les zones peu ou non laineuses,
• une augmentation de volume des ganglions préscapulaires,
• un arrachement facile de la laine.
Cette phase correspond également à la période de plus forte contagiosité.
Dans les cas les plus sévères peuvent apparaître :
• des troubles respiratoires,
• des troubles digestifs,
• des avortements,
• des surinfections bactériennes.

Comment la maladie se transmet-elle ?
Le virus est particulièrement résistant dans le milieu extérieur. Il peut survivre plusieurs mois dans les croûtes de lésions et dans la laine.
La transmission s’effectue principalement :
• par contact direct entre animaux,
• via les sécrétions nasales, oculaires et salivaires,
• par le matériel, les véhicules, les vêtements ou les bottes contaminés,
• par la litière ou les poussières contaminées,
• par certains insectes piqueurs.
Les mouvements d’animaux constituent également un facteur majeur de diffusion.
LA PESTE DES PETITS RUMINANTS (PPR)
Une maladie virale à fort pouvoir de diffusion
La PPR est provoquée par un virus appartenant à la même famille que celui de la peste bovine aujourd’hui éradiquée.
Elle affecte principalement les ovins et les caprins, mais peut également infecter certaines espèces sauvages ainsi que les bovins, qui jouent alors un rôle épidémiologique limité.
Quels sont les signes cliniques ?
L’expression clinique varie selon les animaux et les souches virales.
Forme suraiguë
Cette forme se caractérise par :
• une forte fièvre,
• une diarrhée sévère pouvant devenir hémorragique,
• des avortements fréquents,
• un état septicémique marqué.
L’évolution est extrêmement rapide et peut entraîner la mort en quelques heures à quelques jours.
Forme aiguë
La forme aiguë est la plus fréquemment observée.
Les animaux présentent :
• un jetage muco-purulent abondant,
• une obstruction des naseaux,
• une inflammation des gencives,
• des lésions érosives puis ulcératives de la bouche,
• un enduit blanchâtre et nauséabond sur la langue,
• une toux évoluant progressivement vers des troubles respiratoires sévères,
• une diarrhée parfois hémorragique,
• des avortements.
L’évolution conduit soit à la mort en une dizaine de jours, soit à une guérison accompagnée d’une immunité durable.
Forme frustre ou inapparente
Les signes cliniques sont discrets, voire absents, ce qui rend la détection plus difficile et favorise une diffusion silencieuse de la maladie.


Comment la maladie se transmet-elle ?
La contamination intervient principalement lors de contacts directs entre animaux par inhalation des gouttelettes émises lors de la toux ou des éternuements.
Contrairement au virus de la clavelée, le virus de la PPR survit peu de temps dans l’environnement, limitant ainsi les contaminations indirectes.
DES MALADIES SOUMISES À UNE RÉGLEMENTATION STRICTE
La clavelée et la peste des petits ruminants sont classées parmi les maladies animales de catégorie A au niveau européen.
À ce titre, toute suspicion entraîne la mise sous surveillance officielle de l’exploitation.
Lorsqu’un foyer est confirmé :
• l’abattage de l’ensemble des animaux sensibles du foyer est mis en oeuvre ;
• des opérations de nettoyage et de désinfection sont réalisées ;
• une zone réglementée est instaurée autour du foyer ;
• les mouvements d’animaux sont strictement encadrés voire interdits.
Ces mesures visent à éradiquer rapidement la maladie et à préserver le statut sanitaire national.
UNE SITUATION SANITAIRE À SURVEILLER EN EUROPE
Depuis 2025, plusieurs pays des Balkans et d’Europe du Sud-Est font face à une recrudescence de foyers de clavelée et de peste des petits ruminants.
Cette circulation virale active rappelle que le risque d’introduction demeure réel, notamment via les mouvements d’animaux, les échanges commerciaux ou certaines pratiques non conformes aux règles sanitaires.
La surveillance épidémiologique européenne reste donc essentielle pour anticiper tout risque d’introduction sur le territoire français.
LA PRÉVENTION : NOTRE MEILLEURE PROTECTION
Face à ces maladies exotiques, la biosécurité demeure l’outil de prévention le plus efficace.
Quelques règles essentielles :
✓ Limiter les introductions d’animaux et exiger des garanties sanitaires.
✓ Isoler systématiquement les nouveaux arrivants.
✓ Nettoyer et désinfecter le matériel partagé.
✓ Éviter les contacts entre troupeaux.
✓ Utiliser des vêtements et des bottes dédiés à l’élevage.
✓ Surveiller quotidiennement l’état sanitaire des animaux.
La vigilance doit être renforcée lors :
• des rassemblements d’animaux ;
• des transports ;
• des achats provenant de zones à risque.
Cartes des foyers de PPR et de CLAVELEE


